Agité, “hyperactif”…et si c’était les écrans?


Famille, Vie quotidienne /

Chez les parents la question des écrans revient souvent.

En effet, les écrans apportent de manière rapide et sur un temps assez long des données rares avec des enfants jeunes: silence et disponibilité.

Cela est même valable pour un bébé, si vous le mettez dans une pièce avec une télé, son attention et son regard seront très vite captés par les écrans. C’est pour cela que face à des enfants agités et des parents débordés, les écrans sont souvent une bouée de secours à laquelle il est difficile de tourner le dos.

Pourtant, n’est-ce pas simplement reculer pour mieux sauter? La frustration ne sera-t-elle pas encore plus grande au moment (et ce moment est inéluctable) d’éteindre l’écran?

Les jeunes enfants ne peuvent pas parvenir eux-mêmes à réguler leur utilisation.

Les écrans créent un effet chez eux qui va au-delà de leur volonté ou de ce qu’ils peuvent contrôler.

Pour se construire, ils ont besoin de jeux sensoriels et créatifs.

Leur développement nécessite des expériences sensorielles et relationnelles, de se dépenser physiquement et d’être en relation avec les autres (enfants et adultes).

Serge Tisseron et le site Yapaka nous donnent des repères importants quant à l’utilisation des écrans, adaptés à chaque période de la vie de l’enfant.

L’enfant a besoin d’acquérir progressivement des outils pour décoder toutes les informations transmises par les écrans.

Ces repères ne sont pas là pour nous dicter ce que nous devons faire avec nos enfants mais bien pour nous donner une idée des différentes étapes qu’il traverse et les besoins qui y sont liés.

 

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0 à 3 ans : pas de télé / Dvd

Il est important de pouvoir déjà se repérer dans l’espace réel avant de plonger dans l’espace virtuel.

Pour cela, il a besoin d’explorer son environnement avec ses 5 sens. (par exemple avec des jeux d’encastrement pour mesurer, comparer, explorer, mais aussi sentir, toucher, mordre…).

Il a également besoin de pouvoir se repérer au niveau temporel.

Cela va pouvoir s’acquérir grâce aux histoires qu’on va lui raconte, à son observation des illustrations sur les pages des livres qu’il va pouvoir faire tourner.

S’il y a une utilisation des tablettes tactiles, l’enfant doit être accompagné par un adulte qui va l’aider à décoder ce qu’il s’y passe.

3 à 6 ans : pas de console de jeu à disposition

L’enfant aura beaucoup de mal à pouvoir réguler son utilisation par lui-même.

Il est donc important par exemple de ne pas laisser des écrans à disposition de l’enfant.

S’il a une console dans sa chambre, cela va être compliqué pour les adultes de contrôler le temps passé devant les écrans.

En fixant des horaires clairs, cela lui permet de mieux faire face à la frustration car l’arrêt du jeu est lié à la fin d’un temps défini et connu. L’enfant peut donc l’anticiper et s’organiser pour pouvoir éteindre son jeu lorsque le temps sera écoulé.

Il est important de respecter les âges indiqués pour les programmes. Ce sont des experts en la matière. Ils les ont fixés dans l’intérêt de préserver la santé des plus jeunes.

Le mieux reste toujours d’accompagner l’enfant dans ses jeux.

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En jouant à plusieurs, cela permet de partager du temps en famille et lutte contre l’isolement que peuvent amener certains jeux.
L’enfant n’est toujours pas en capacité de réguler son temps de jeu par lui-même, même avec la meilleure volonté.

Les écrans ne doivent donc pas être en accès libre.

6-9 ans : pas d’internet seul

Les jeux sont tellement stimulants que cela peut amener l’enfant à s’endormir plus tard et/ou se réveiller plus tôt.

Les écrans sont toujours à éviter dans la chambre.

Les temps passés sur les écrans doivent toujours rester très clairs, en étant affichés par exemple dans le salon.

Si l’enfant reste par moment sans surveillance à la maison, vous pouvez paramétrez la console.
De même, à partir de 8 ans, vous pouvez créez un compte pour votre enfant  avec certains paramétrages sur l’ordinateur familial.

N’hésitez pas à lui expliquer (et à lui répéter) les possibilités et les risques liés à son utilisation.

9-12 ans : pas de réseaux sociaux

Même si c’est un combat de tous les jours, essayez de tenir bon concernant la limitation du temps passé devant les écrans.

Yapaka nous rappelle 3 règles de base de l’utilisation d’internet à transmettre à son enfant:

1/ tout ce que l’on y met peut tomber dans le domaine public
2/ tout ce que l’on y met y restera éternellement
3/ tout ce que l’on y trouve n’est pas forcément vrai et doit être vérifié

A partir de 12 ans

Voilà  l’âge où la majorité des enfants ont leur téléphone portable. Votre enfant va alors explorer par lui-même les ressources illimitées d’internet.

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Il devrait maintenant avoir assimilé les risques liés à l’utilisation des écrans et l’importance d’avoir aussi d’autres types d’activité (lecture, méditation, sport, activités artistiques,).

Vous lui avez ainsi donné de bonnes bases pour faire face à toutes les sollicitations liées à l’usage du portable.

Toutefois, pour préserver votre enfant (mais aussi pour des raisons écologiques), pensez à éteindre toutes les connexions (wifi, 3 ou 4G) durant la nuit.

De même, il est important de garder le débat ouvert avec son enfant. Il peut s’ouvrir par exemple sur les différentes questions sociales et éthiques que soulèvent l’utilisation d’internet: pornographie, racisme, cyberharcèlement, téléchargements illégaux, plagiats,…

Ces repères pourront faire peur à certains en leur semblant trop stricts… pour d’autres ils ne le seront pas assez. C’est à chacun d’apprécier selon sa propre “culture” personnelle.

Rappelons toutefois que les chefs d’entreprise d’apple, twitter et autres ont interdit l’utilisation des écrans à leurs enfants…sûrement parce qu’ils savaient mieux que personne les effets addictifs de leurs utilisations et leurs conséquences.

Photo by Tim Gouw on Unsplash

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4 réponses à « Agité, “hyperactif”…et si c’était les écrans? »

  1. Bonjour,
    J’ai moi aussi constaté à quel point les écrans peuvent être néfaste pour nos enfants.
    Nous faisions déjà attention mais sans minuter. Nous avons dû mettre un dispositif de contrôle parental quand nous avons découvert que notre fils de 8 ans se levait en pleine nuit pour jouer jusqu’au matin. Il a fait jusqu’à 5h en continu pendant que nous dormions (j’ai installé une application de surveillance pour mesurer).
    Il était devenu très irritable, colérique et nerveux, complètement dépendant. Poussé par la compétition avec ses copains qui eux avaient un accès quasi illimité aux jeux.
    Le contrôle parental permet de garantir qu’il ne peut pas utiliser les tablettes pendant la nuit et le limite en journée à 1h (sauf les jours d’école).
    Nous avons également beaucoup discuté pour qu’il se rende compte de sa dépendance et de ses changements d’humeur.
    C’est maintenant du passé, notre fils est redevenu comme avant.

    Merci beaucoup pour votre article qui contribue à sensibiliser les parents à ce problème.

    1. Merci Jean-Philippe pour le partage de votre expérience. C’est souvent que les parents transmettent l’observation qu’ils ne “reconnaissent plus” leurs enfants quand ils sont trop exposés aux écrans…
      Comme vous avez pu le faire, ce sont les parents qui peuvent les aider à réguler cela.

  2. Super intéressant ! Perso, je suis effarée de voir que certains parents n’ont pas du tout conscience de tout cela ! Quand je vois des enfants au resto qu’on met devant un écran pour que les adultes parlent tranquillement, le nombre de fois où j’ai voulu me lever et balancer l’écran… Bref… J’aimerais qu’il y ait plus de com sur ces sujets dans les écoles. Je sais qu’ils mettent parfois quelques affiches mais il faudrait des échanges sur le sujet.

    1. Merci Y-Lan pour votre commentaire!
      Je crois que ce problème des écrans étant relativement nouveau, les informations restent limitées.
      Les affiches c’est un bon début pour commencer à sensibiliser et que les parents aient envie d’aller plus loin pour chercher les informations.

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