Comment manger en “pleine conscience”


Méditation / mardi, janvier 23rd, 2018

Quand j’ai fait ma première retraite de dix jours de méditation, j’ai eu une grande révélation: je ne savais plus ce que c’était que de manger!

J’ai expérimenté ce que c’était, c’est-à-dire…JUSTE MANGER, dans le silence, en étant présent à ses sensations…et ne faire rien d’autre!

J’ai eu l’impression que je redevenais un enfant qui découvrait une nouvelle expérience.
Cette épiphanie peut sembler folle, ridicule et bizarre mais mon expérience au quotidien est très loin de ce que j’ai vécu ce jour-là.

Pour commencer, la nourriture peut avoir une fonction de compensation dans notre quotidien.

On ne l’utilise donc pas dans ce contexte-là pour se nourrir mais pour tenter de boucher, de faire “tampon”, “écran” face à une expérience désagréable. Avec l’espoir qu’en tentant de trouver une forme de “récompense”, en s’octroyant des sensations physiques gustatives agréables, cela anesthésierait la souffrance…

Encore aujourd’hui, quand je suis stressée, fatiguée, contrariée, déprimée je vais avoir envie de grignoter quelque chose, même sans faim.

En général, c’est le sucre qui m’attire particulièrement dans ces moments-là, et si je n’en ai pas sous la main, ça peut faire monter ma nervosité.

Il y a aujourd’hui de nombreuses études qui s’accordent à dire que les effets du sucre sur notre cerveau sont similaires à ceux des drogue dites “dures” (héroïne, cocaïne).
J’ai moi-même tenté un sevrage de sucre pendant un mois et je vous encourage à faire de même pour observer combien nous sommes dépendants aux sensations qu’il nous procure.

Manger ou avaler?

Pendant cette retraite de méditation, j’ai essayé d’être pleinement consciente de mes sensations et ne pas me laisser embarquer par des vagabondages de l’esprit.

Et pourtant, j’avais des images qui me revenaient pendant la demi-heure de dégustation de ma pomme Ariane (ma préférée).

Je me figurais justement que c’était la première fois de ma vie que je prenais autant de temps pour manger.

Et qu’une simple pomme avalée habituellement en trois minutes pouvait devenir un vecteur sensoriel ultra-puissant.

Là, je prenais d’abord le temps de l’observer, de la sentir, de la toucher (oui, tout cela peut paraître très sensuel mais en fait manger est une expérience qui peut vraiment l’être!).

Et puis, après un certain temps, j’en ai pris un morceau et l’ai mis dans ma bouche. Sans me précipiter pour le mâcher, j’ai juste profité de toutes les saveurs qui se pré-révélaient déjà.

Ce n’est que quelques minutes plus tard que je me suis lancée dans la mastication, qui a fait totalement exploser le goût et les sensations. Ensuite, il ne me restait plus qu’à suivre le trajet digestif jusqu’où je le pouvais.

Pourquoi dans mon quotidien je n’arrive pas à percevoir un centième de ce type d’expérience para-normale?

Parce qu’au jour le jour, j’expédie mon repas à toute vitesse, parfois en pianotant sur mon téléphone un sms ou en discutant avec ceux qui partagent ma table.

Et en fait, en même temps que j’avale mon repas, j’engouffre tout un tas d’autres trucs (informations et donc images violentes si je suis devant un écran, émotions, discussions voire désaccords voire conflits…).

Pas étonnant que je prenne beaucoup moins de plaisir et que la digestion puisse être difficile ensuite.

L’autre effet de manger sans être présent à ses sensations c’est qu’en général on passe totalement à côté du sentiment de satiété, tellement important pour ne pas encombrer notre système digestif d’aliments qu’il ne pourra pas traiter.

Aujourd’hui, même en étant consciente de tout ça, il m’arrive encore très souvent de manger comme ça. C’est parce que c’est difficile de déconstruire des schémas comportementaux inscrits depuis des décennies que la méditation est si utile!

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