Pascale, la psycho-praticienne youtubeuse qui nous déculpabilise !


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J’aime rencontrer de nouvelles personnes, découvrir de nouveaux univers c’est pourquoi je proposerai régulièrement des interviews.

Je vous partage aujourd’hui une nouvelle interview: celle de Pascale Picavet, psychopraticienne qui propose des méditations que vous pouvez retrouver en cliquant ici.

J’ai beaucoup apprécié sa manière personnelle et créative de s’approprier la méditation. L’idée qui m’est restée est que souvent on culpabilise quand on ne médite pas tous les jours…la méditation devient alors une corvée subie et non un choix pour soi-même. Pascale nous propose le chemin inverse!

J’ai connu Pascale Picavet grâce à ma dentiste. C’est une dentiste très à l’écoute des émotions. Je méditais déjà depuis quelques années mais je lui expliquais que je n’arrivais plus à méditer à ce moment-là. Elle m’a alors conseillé les méditations de Pascale, qui sont variées et peuvent ainsi s’adapter à nos besoins du moment.

Je conseille particulièrement la méditation du matin !

Pascale, pouvez-vous nous en dire plus sur votre pratique ?

Je suis psychopraticienne : praticienne en psychothérapie. Je travaille en cabinet mais aussi par skype.

La méditation est aujourd’hui totalement intégrée dans ma pratique thérapeutique. Pour être tout à fait honnête, j’ai ouvert en 2015 une chaîne youtube car je commençais la méditation mais je ne trouvais pas sur internet ce qui me convenait : soit les sujets ne m’intéressaient pas, soit la voix ne me convenait pas. Pour moi la voix est très importante, mais aussi le discours…
On trouve de tout sur internet et je faisais une allergie à tout ce que je trouvais trop « perché ».

Je venais de rencontrer la méditation pleine conscience que j’aimais parce que je la trouvais très pragmatique, terre à terre, facile d’utilisation. Donc je me suis dit que – puisque je ne trouvais pas ce que je voulais – il ne me restait plus qu’à le créer !

J’ai fait ces méditations pour moi au départ mais tout compte fait, je peux vous avouer je suis incapable de méditer avec mes méditations ! Il est difficile de lâcher prise avec sa propre voix et de ne pas laisser son mental focaliser sur les défauts techniques !

Puis c’est devenu un outil avec mes patients pour qu’ils puissent pratiquer entre les séances.
J’ai été très surprise de recevoir autant de commentaires positifs sur You Tube mais cela a renforcé mon désir de créer des méditations.

En regardant ma chaîne et le thème des méditations qui y sont, vous pourriez suivre mon cheminement personnel, les problématiques que j’ai dû affronter, le travail que j’ai fait sur moi-même. J’ai suivi une formation de praticienne en méditation pleine conscience mais avec mes patients, je fais du cas par cas, j’adapte à chaque fois les méditations à la situation qu’ils vivent ou à leurs problématiques.

Je suis ravie lorsque les gens qui me suivent me donnent des idées de méditations mais il est vrai que la plupart du temps, les sujets que j’aborde viennent de ce à quoi je suis confrontée. C’est la meilleure source d’inspiration, c’est là que nous sommes le plus authentique.
Donc voilà qui je suis ! Une thérapeute qui travaille sur elle.

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Comment la méditation est venue dans votre vie ?

J’ai longtemps souffert de crises d’angoisse. J’étais quelqu’un qui ruminait beaucoup, une grande anxieuse, avec une nature un peu contrôlante. La méditation forcément c’est tout l’inverse. Cela nécessite un lâcher prise dont je n’étais pas capable donc c’était très compliqué pour moi.

J’étais attirée par ça mais je n’y arrivais pas : soit je bouclais sur une préoccupation soit je m’endormais… Pas très efficace ! Je sentais toutefois qu’il y avait là quelque chose qui pouvait m’aider.

Puis pendant mes études l’école a proposé un stage. On était enfermé pendant 3 jours de 8h du matin à 18h avec des élèves (américains) de John Kabat-Zinn et une traductrice.
Ce n’était pas simple parce que les méditations étaient en anglais, traduit en français il fallait s’adapter aux deux discours. Je focalisais sur la traduction que je ne trouvais pas toujours très fidèle, etc. Mon mental prenait complétement le dessus ! Je me cherchais des excuses.

La première matinée je ne vous cache pas que j’ai même fait un petit début de crise d’angoisse. Je me demandais ce que je faisais là ! J’aurais pu me lever et partir devant ces 30 participants mais mon ego n’était pas d’accord et c’est ce qui m’a permis de dépasser mes mécanismes de défense (comme quoi parfois l’ego ça nous aide). Je suis restée, et c’est là qu’il s’est passé quelque chose en moi.

Une fois que j’avais fait un deal avec moi-même en acceptant de gratter dans mon inconscient c’était devenu très simple. Je pouvais méditer en marchant, en mangeant…

Je crois que j’ai aussi dépassé cela grâce à la force du groupe. C’est pour ça que j’aime organiser des méditations en groupe – surtout pour les débutants – car pour méditer seul il faut une certaine rigueur qu’il est parfois difficile de trouver en soi. Avec le groupe et sa dynamique, nous sommes portés, il se passe quelque chose en plus.

En revanche, il m’a fallu du temps par la suite pour méditer sans guidance, sans filet. Mais c’est encore autre chose 😉

Qu’est-ce que méditer ?

C’est une bonne question. Je pense que c’est aussi pour ça que j’avais du mal à méditer : il y a beaucoup d’idées préconçues qui circulent sur la méditation.

On entend souvent dire que méditer c’est arrêter de penser mais ce n’est pas du tout ça. Comme je n’arrivais pas à arrêter de penser, je me disais “je médite mal”.

En réalité méditer c’est faire une pause.

Ce n’est pas arrêter de penser c’est se regarder penser. On a 70 000 pensées par jour (la moitié voire les 3/4 viennent de la veille ou de l’avant-veille pour se donner une idée de notre capacité à tous à boucler). On ne peut pas empêcher l’être humain d’arrêter de penser, comme on ne peut pas l’empêcher de rêver.

L’idée c’est de ne plus se laisser emporter par les pensées, ne plus laisser le mental prendre le dessus. Il s’agit d’observer et d’accueillir ce qui vient. Quand on a compris ça c’est beaucoup plus simple. On n’est plus dans le jugement avec nous-même “je n’y arrive pas, je suis incapable de le faire, c’est trop compliqué…”

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On est juste là à regarder ce qui se passe.

Comment faites-vous face aux angoisses ?

Aujourd’hui je n’ai quasiment plus d’angoisse.

J’étais une grande angoissée mais aujourd’hui je ne sais même plus la dernière fois que j’ai angoissé.

La méditation c’est super, ça nous permet de nous recanaliser et de nous mettre dans l’instant présent mais – c’est peut-être une déformation professionnelle – je reste convaincue qu’il faut être accompagné dans un travail thérapeutique lorsque les angoisses prennent toute la place. Il est primordial de trouver leurs origines et leur nature.

Le mécanisme de nos angoisses est très particulier. La peur est une émotion naturelle qui a permis à l’être humain de survivre donc elle est nécessaire. Mais elle est parfois disproportionnée et inappropriée et se transforme en angoisse.

Notre inconscient perçoit quelque chose qu’il considère être comme un danger et nous fait réagir, il envoie les informations au corps pour que ce dernier se prépare à fuir ou à combattre.

Comprendre les mécanismes physiologiques de la crise d’angoisse nous permet de redescendre d’un cran.

Il y a deux types de crises d’angoisse :

  • Certains n’ont au départ que des symptômes physiques : une forte douleur dans la poitrine, le cœur qui s’emballe, l’impression de faire une crise cardiaque qui entraine une angoisse de mourir ;
  • D’autres vont boucler sur une peur, avoir l’impression de perdre la raison tout cela accompagné d’une grande souffrance psychique qu’il est extrêmement difficile de raisonner.

C’est un sujet dont on pourrait parler pendant des heures !

Donc la méditation c’est très bien mais il faut quand même à côté de ça travailler sur soi pour comprendre ce que l’inconscient perçoit comme un danger.

Comment faites-vous pour être dans le moment présent ?

J’avoue et j’assume que je ne médite pas tous les jours.

Il y a une sorte de discours très culpabilisant sur la méditation où il faut méditer assis, se tenir droit, méditer tous les jours, etc…

Moi ça ne correspond pas à ma philosophie de vie.

Je ne médite pas forcément assise, parfois je suis complétement courbée…
Pour moi méditer c’est trouver le chemin qui vous correspond, le moment qui vous correspond, la position qui vous correspond.

Aujourd’hui je ne ressens pas le besoin de méditer tous les jours. Mais il m’arrive d’avoir des périodes pendant je médite trois fois par jour.

L’idéal, s’il devait en exister un, ça serait de méditer au moins 10 minutes par jour. Ça vous lance dans une dynamique. Plus on va méditer et plus l’état méditatif va se poursuivre entre les méditations. On gagne vraiment en sérénité. C’est un état d’esprit qui s’installe en vous et qui ne vous quitte plus après.

Pour revenir à l’instant présent il y a la méditation, ça permet de sortir des ruminations, des angoisses qui ruminent le passé ou anticipent le futur.

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Après il faut être honnête ! Lorsque nous sommes en pleine dépression il est extrêmement difficile de revenir à l’instant présent.

Pour méditer – si cela n’est pas une habitude déjà bien installée – il faut être dans un état d’esprit et émotionnel qui le permet. Si vous êtes au fond du fond du trou, en pleine dépression ça va pas être simple…

Si un extra-terrestre vous demandait ce qu’était la vie humaine, que répondriez-vous ?

Ça dépend… une réponse franche et honnête ? (rires)

Je pense que la vie humaine est quand même une réelle opportunité. On ne se rend pas bien compte de la chance qu’on a.

Je crois qu’elle ne se résume pas à celle qu’on vit ici sur terre. Les vies qu’on a là ne sont que des parenthèses, elles sont que des expériences dont il faut profiter pleinement. Vous en aurez d’autres après, vous en avez eu d’autres avant mais celle-ci compte quand même. Je crois qu’il ne faut pas se prendre trop au sérieux.

Je suis vraiment dans une recherche du plaisir…aujourd’hui. Je n’aurais pas tenu le même discours il y a 5 ans.

Aujourd’hui je prends toute la mesure de la chance que l’on a de profiter des choses de la vie, des gens qu’on aime, de profiter de soi sans qu’il y ait de culpabilité à avoir.
L’idée c’est de profiter et d’apprendre à se débarrasser de nos barrières, de nos blocages pour retrouver notre pouvoir. Nous sommes responsables de tous nos blocages car nous décidons de les garder et nous choisissons de les mettre sur notre chemin. Il ne tient qu’à nous de nous libérer de cela.

Quelle définition donneriez-vous du bonheur ?

Aujourd’hui je dirais que le bonheur c’est d’être soi.

C’est de savoir qui on est, de pouvoir se reposer sur soi-même, de savoir exploiter son potentiel.

En étant soi, authentique, en ne se racontera pas d’histoire, en s’acceptant tel qu’on est on peut vraiment être heureux.

Parce que quand on est dans cet état d’esprit-là on s’aime. Quand on s’aime, on distribue de l’amour et on en reçoit en retour.

Si quelqu’un veut faire un travail avec vous, pour des méditations ou une thérapie, comment peut-il faire ?

Il peut me contacter via mon site internet (en cliquant ici) où il y a mes coordonnées complètes. En me contactant on verra ensemble ce qu’on peut mettre en place pour justement aller à la recherche de ce bonheur, en apprenant à se redécouvrir. Je consulte par skype ou en cabinet.

Un grand merci Pascale pour cette interview où l’on a pu échanger avec beaucoup de légèreté et d’humour sur des sujets profonds. Notre échange a été pour moi très enrichissant et j’ai déjà hâte de refaire une interview avec vous pour déployer les autres questions qui me sont venues en vous écoutant !

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2 réponses à « Pascale, la psycho-praticienne youtubeuse qui nous déculpabilise ! »

  1. Bonjour,
    Merci pour cette interview très enrichissante, les vidéos m’ont l’air super, je crois que j’irai souvent y faire un tour…
    Je médite tous les soirs et cela a vraiment changé ma vie, je maîtrise mieux mes émotions, je suis plus calme.
    Bonne définition du bonheur 🙂 j’adhère totalement, une fois que l’on a dépassé l’envie de plaire aux autres avant de s’aimer soi-même et que le regards des autres n’a plus d’influence sur notre manière d’être, je pense que nous pouvons dire que nous sommes fidèles à nous-mêmes, c’est le début du bonheur…

    1. Merci à toi Lynfit pour tes retours toujours bienveillants et généreux ! Je te conseille vraiment de tester les méditations de Pascale, pleines de douceur et de profondeur !

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