Comment traiter le burn-out


Burn-out, Méditation, travail, Vie quotidienne /

La souffrance au travail et le burn-out sont des sujets très présents en cette rentrée.

Dans les médias avec la hausse de 4% par an depuis 2014 des arrêts maladie, mais aussi dans ma vie et mon entourage professionnels et personnels.

Pour essayer de mieux comprendre les enjeux de ce phénomène, j’ai lu le livre de Michel Delbrouck, médecin et psychothérapeute à orientation psychanalytique dont je vous propose un résumé.

Comment traiter le burn-out?

M. Delbrouck commence par nous dire qu’un burn-out peut être “un formidable clin d’oeil de la vie ou à la vie” (…) “une chance inouïe et inespérée de modifier sa trajectoire de vie avant qu’il ne soit trop tard” (p.15).

Même s’il a d’abord touché les personnes dans le champ du soin et peut concerner tout un chacun: salarié, profession libérale, étudiant, pré-retraité, etc…

Partie 1: Définir le burn-out

To burn signifie “se consumer, en référence à l’incendie intérieur d’un immeuble dans lequel le feu aurait pris, laissant les gens vidés intérieurement mais d’apparence intacte” (p.28).

Le syndrome d’épuisement professionnel a été défini par Maslach et Jackson selon trois volets:

Fatigue => Épuisement émotionnel (explosions émotionnelles, difficultés cognitives. oublis, troubles de la concentration,…).

Cet état est aussi nommé “John Wayne Syndrom”: la personne pense devoir rester forte et n’exprime aucune faiblesse ou difficulté. Cela peut se manifester par une distanciation de l’autre et une certaine froideur.

État de désinvestissement ou de désengagement de la relation à l’autre => Déshumanisation de la relation à l’autre. Cette sécheresse relationnelle peut même se manifester sous la forme de maltraitance vis-à-vis du patient qui peut s’installer insidieusement (cynisme, rejet;…).

Perte du sens de l’accomplissement et de la réalisation de soi =>Sentiment d’échec professionnel.
Ici on retrouve la conséquence des deux volets précédents: dévalorisation de soi, culpabilité et démotivation.

Pour les symptômes, j’en parle dans un article précédent.

Certains comportements pré-disposeraient au burn-out comme:

l’anxiété exagérée,

l’esprit d’entreprise poussé à outrance,

le désir de plaire à tout le monde,

le sens de l’autocritique exacerbé,

l’incapacité de faire confiance aux autres,

la mentalité de sauveur,

la place trop importante donnée au travail;

l’excès de responsabilités et de sollicitations

 

Partie 2: dépister et évaluer le burn-out

M. Delbrouck conseille un bilan physique, psychique et socioprofessionnel.

Dans les critères de motivation au travail on retrouve:

  1. Être en accord avec son travail
  2. Reconnaissance de soi et de son travail
  3. Équilibre entre production et rétribution
  4. Moyens d’action en rapport avec ses objectifs

Partie 3. Traiter le burn-out

[Dans notre formation Zensemble, nous proposons justement de prendre soin des professionnels afin de faire face ou de prévenir l’épuisement au travail.

Pour en savoir plus, je vous laisse consulter notre site spécialement dédié.]

Le professionnel en burn-out aura besoin de soutien et de faire silence autour de lui pour se relier à son vécu psychique interne.

Pour cela méditation, dessin, écriture, etc…peuvent être des médias intéressants.

Cette auto-empathie ou écoute de soi via le ressenti sensoriel amène une intégration globale de soi et permet de retrouver l’estime et l’affirmation de soi qui fait défaut en cas de burn-out.

L’auteur propose d’autres pistes classiques comme le repos, l’activité physique, une alimentation saine

mais aussi:

se nourrir psychiquement (lectures, musique, méditation, loisirs,…),

faire appel à son entourage,

favoriser l’introspection,

identifier nos problèmes personnels,

établir des priorités,

admettre notre besoin d’aide,…

Au niveau institutionnel, des groupes type Balint peuvent être adaptés, notamment pour lutter contre le sentiment d’isolement, améliorer la communication et la transmission des informations.

Partie 4. Psychopathologie du travail

Prévenir et accompagner le burn-out en entreprise

En U.E., 50 à 60% des journées de travail perdues seraient liées au…Stress.

Cela fait un coût de 20 milliards d’euros alors que seulement 3 à 4 % du PNB est alloué aux dépenses en santé mentale.

L’OMS classe la France au troisième rang mondial des dépressions liées au travail et estime qu’en 2020 la dépression deviendra la cause principale d’incapacité de travail.

En parallèle, entre 7 et 8% des français s’estiment victimes harcèlement moral.

Le “mobbing” (psychoterreur) se caractérise par différents types de comportements comme:

  • Empêcher la victime de s’exprimer: on l’interrompt, critique son travail, sa vie privée, menaces verbales, écrites, on l’ignore
  • Isoler la victime
  • Déconsidérer la victime auprès de ses collègues: on lance des rumeurs à son sujet, on la ridiculise, on attaque ses convictions ou croyances, ses décisions sont contestées, harcèlement sexuel
  • Discréditer la victime dans son travail: on ne lui confie aucune tâche ou au dessus ou en dessous de ses compétences.
  • Compromettre la santé de la victime: travaux dangereux, agressions,…

Le message important ici est que nous sommes tous des harceleurs et harcelés potentiels, et pouvons vivre les sentiments de doute, de culpabilité, de honte qui y sont liés.

Soyons attentifs à ne pas limiter le harcèlement à un problème interpersonnel: il émerge d’un système.

Le modèle de Karasek permet de mesurer la qualité de l’interaction entre l’individu et son travail.

Selon ce modèle, il y a quatre types d’état du sujet:

  • détendu s’il bénéficie d’une faible demande psychologique et d’une grande autonomie dans son travail
  • actif s’il dispose d’une forte demande psychologique mais également d’une grande autonomie
  • passif s’il dispose à la fois d’une faible demande psychologique et d’une faible autonomie 
  • stressé s’il dispose d’une forte demande psychologique et d’une faible autonomie (faible latitude décisionnelle)
  • Comment agir lorsque le burn-out est identifié?

A. Reconnaître le burn-out

B. Protéger et mettre à distance

C. Repenser par soi-même et pour soi: phase de recherche de sens

D. revisiter les valeurs et croyances

E. Faire le deuil, renoncer à un certain confort

F. Reprise progressive

G. Suivi et renforcement des nouveaux comportements (suivi médical, psychothérapeutique, accompagnement par un coach, etc…)

Partie 5. Situation particulière de burn-out

  • Le bore-out

Il se caractérise par le manque de défi, le désintérêt et l’ennui. Il est analogue au comportement passif-agressif puisque l’employé restera dans une position passive face au problème, de peur de perdre son emploi.

  • Le burn-in ou présentéisme

Il précède le burn-out, amenant à un état pathologique de surmenage. Le travailleur est à son poste malgré des problèmes qui devraient le tenir à l’écart. Il est physiquement présent mais démotivé et souffrant de somatisations diverses.

  • Le burn-out spécifique du soignant:

– Le soignant travaille avec des personnes en grande souffrance, avec des demandes fortes et diversifiées. Cela exige de la part du soignant disponibilité de cœur, tolérance, acceptation de l’autre,…

-La répétition et l’intensité des (micro)traumatismes ont un impact psychologique et émotionnel important

-La question du choix de la profession de soignant: sa personnalité et ses choix professionnels peuvent être une force mais aussi une faille possible

-L’isolement physique et psycho-affectif du soignant (secret médical, etc…)

  • Burn-out ou maladie du contre-transfert
  1. Les soignants/aidants reçoivent la souffrance de l’autre
  2. un sentiment d’impuissance professionnelle se confronte à une éthique personnelle
  3. contraintes extérieures (souvent économiques): le soignant n’a plus le libre usage de son psychisme alors que c’est son principal outil de travail
  • Syndromes connexes au burn-out du soignant
  1. État de stress post-traumatique
  2. Fatigue de compassion
  3. Traumatisme par procuration
  4. Facteurs perturbant gravement l’équilibre psychologique                                                  – intrusion de l’espace intrapsychique des soignants par les affects des patients                                                                                                                                       -la sollicitation narcissique de l’omnipotence du soignant par le patient                                                                                                                                                      – la mise en mouvement de processus d’identification et de sollicitude                      -un vécu de non-reconnaissance
  5. Avec des patients psychotiques (risque d’engloutissement, d’implosion, de pétrification): “pour vivre en sécurité ontologique, le soignant doit se sentir vivant, réel, totalement et en toutes circonstances”
  • Le burn-out de la femme soignante: comportement sexiste, avancement plus lent dû aux congés maternité

Partie 7. Lieux de prévention et de traitement du burn-out

A. En Belgique

  • internationalbalintcongress.de: Fédération Internationale groupe Balint
  • ifts.be: Institut de Formation  et de Thérapie pour Soignants (IFTS) – Belgique
  • ivc.be: formation de deux jours au coaching du burn-out
  • Centre d’Information des Thérapeutiques et d’Études sur le Stress
  • cefem.be: Centre de Formation à l’Écoute des Malades
  • stress.burnt.org: European Institute for Intervention and Researsh on burn-out
  • clinique du stress au CHU Brugmann de Bruxelles

B. En France

  • souffrancedusoignant.fr: association d’aide aux médecins libéraux
  • karlotta.com: consultations de souffrance au travail
  • sensetvie.fr: centres de gestion du stress
  • harcelement.org

Dans notre formation Zensemble, nous proposons justement de prendre soin des professionnels afin de faire face ou de prévenir l’épuisement au travail.

Pour en savoir plus, je vous laisse consulter notre site spécialement dédié.

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