Vipassana: du voyage itinérant au voyage immobile


Méditation /

Cette année, je fête un anniversaire un peu spécial.

En 2009, j’ai fait ma première retraite Vipassana.

C’était donc il y a 10 ans.

10 retraites de 10 jours, ça fait 100 jours de ma vie dédiés au silence et à l’observation du moment présent.

Une boucle

Ce qui est drôle, c’est que j’ai ressenti qu’un chapitre prenait fin cette année, comme la fin d’une boucle et le début d’une nouvelle.

Par exemple, cette année j’ai eu la même enseignante qu’il y a 10 ans (ce qui n’avait pas été le cas durant les 10 ans).

Aussi, durant ma première retraite, après le 4e jour, quand on apprend à proprement parler Vipassana, j’étais si fatiguée que je profitais de chaque pause pour dormir et ne mangeais presque pas. Je me souviens que ma voisine de dortoir, sans dire un mot, m’avait laissé une pomme sur ma table de nuit un matin où je n’avais pas pris de petit déjeuner. Je m’étais sentie soutenue: je me rendais enfin compte que je n’étais pas seule.
A cette retraite, c’est moi qui ai laissé une banane à ma voisine de chambre tombée malade le 4e jour…

Souvent on me demande comment j’en suis arrivée à m’inscrire à une telle retraite.

 

La première fois

Je revenais d’un voyage de 6 mois en Amérique du Sud, où j’ai voyagé la plupart du temps seule, en sac à dos.

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J’étais une jeune femme de 25 ans qui travaillais depuis 7 ans dont 3 ans en tant que psychologue. J’avais mis de l’argent de côté pour pouvoir partir et avais réservé mes billets avant d’en parler à mes parents, pour qu’ils sachent d’avance qu’essayer de me dissuader était perdu.

J’avais une vie plutôt agréable, à Lille, avec un copain doux, intelligent et drôle. J’avais fini par trouver du travail dans cette région que je ne connaissais pas, dans un secteur dit “bouché”. J’étais bien entourée, avec des ami.e.s et collègues sympas.

Pourtant je vivais des heures désespérées, où je pleurais sans trop savoir pourquoi, je sentais un appel à vivre d’autres expériences et rêvais de voyager depuis très longtemps.

Je parlerai plus en détail de ce voyage dans un autre article, ce que je voulais surtout dire ici, c’est que c’est durant ce voyage que j’ai entendu pour la première fois parler de méditation Vipassana.
Il y a 10 ans, la méditation n’était pas ce qu’elle est devenue aujourd’hui. Je m’y intéressais de loin mais je ne savais pas ni où ni comment la pratiquer.

Et là, cet ami avec qui je voyageais me disait qu’il avait été dans une retraite, en Inde je crois, et qu’il était parti dès les premiers jours. Je me souviens qu’il avait trouvé les règles beaucoup trop strictes.

En général je n’aime pas les règles, encore moins quand elles sont strictes et pourtant, j’ai tout de suite eu envie d’en savoir plus.

Le retour en France

A la fin du voyage, j’ai eu beaucoup de mal à retrouver ma “vie normale”. Les couleurs, les chants, les sourires rencontrés et le mouvement, la liberté me manquaient.

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Je me suis inscrite à une retraite en me disant que j’allais peut-être là trouver une piste pour atterrir.

Je me souviens qu’à cette première retraite j’avais caché à la plupart des personnes de mon entourage ce que j’allais faire. Pourtant, j’avais dû le dire à mes parents. Ils ne comprenaient pas pourquoi je ne pouvais pas être joignable en France pendant plus de 10 jours…

Ils me voyaient déjà dans une secte et étaient très inquiets.

Les difficultés rencontrées

Mon copain rigolait à l’idée que je ne parle pas pendant 10 jours, il pensait que j’en serai incapable.

Et pourtant, ne pas parler n’a pas été le plus difficile durant cette retraite. Par contre, rester assise sans bouger pendant plus de 10 heures par jour, si. Je me souviens des contractions des épaules, des blocages au niveau du dos que j’essayais de relâcher sous la douche chaude. Cette douche et le moment du repas étaient mes moments préférés de la journée, je les attendais avec impatience.

Je me souviens avoir pleuré. J’avais envie de partir chaque jour. Je tenais bon parce qu’une canadienne rencontré au début du stage m’avait prévenu que partir au milieu d’une retraite c’était comme partir au milieu d’une opération.

Plutôt dangereux.

Je me rappelle aussi avoir revu ma vie, me sentir plus proche de ceux que j’aimais, vivants et morts. Et j’ai gardé une image en moi, celle de ma fascination face à une toile d’araignée. Je suis restée un temps indéfini à halluciner devant la complexité de cette création. Comme un mandala, l’araignée s’était donnée complétement pour réaliser son œuvre éphémère.

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En fait j’ai ressenti ce qu’on doit sûrement vivre sous les effets d’un hallucinogène: un état de conscience modifié.

Pourtant, à Vipassana, ni drogue, ni alcool, juste une nouvelle façon d’être au monde.

Je prévois une FAQ sur la retraite Vipassana, n’hésitez pas à m’envoyez vos questions!

 

Photo by Jared Rice on Unsplash

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